Meta vient de lancer une bêta sur Threads qui permet d'invoquer son IA directement dans les posts et les réponses, comme Grok sur X. Le compte officiel @meta.ai répond publiquement aux questions des utilisateurs, propulsé par Muse Spark, le nouveau modèle maison. Le déploiement reste pour l'instant limité à cinq pays en test.
Une copie quasi conforme de Grok
Le principe ne va surprendre personne. Vous mentionnez @meta.ai dans un post ou en réponse à un autre message, et l'IA réplique publiquement, dans la langue d'origine de la conversation. Pour Meta, l'idée est de donner du contexte en temps réel sur les tendances et les actualités du moment. Les exemples donnés par l'entreprise donnent le ton : "Pourquoi tout le monde parle de la Coupe du monde ce mois-ci ?", "Quels looks du Met Gala font le buzz ?", "Comment les Knicks s'en sortent en playoffs ?". On est exactement sur ce que xAI a déployé avec Grok sur X, à la virgule près. La fonctionnalité reste réservée aux comptes publics pour l'instant.
Cinq pays en test et Muse Spark sous le capot
Côté déploiement, Meta avance prudemment. La bêta tourne uniquement en Malaisie, en Arabie Saoudite, au Mexique, en Argentine et à Singapour. Aucun calendrier précis n'a été annoncé pour les autres marchés, donc pour la France, il va falloir patienter. Sous le capot, c'est Muse Spark qui s'occupe des réponses, le nouveau modèle de Meta qui équipe déjà l'application Meta AI et les lunettes Ray-Ban. Pour les utilisateurs qui ne veulent pas voir l'IA débarquer dans leurs conversations, Meta a prévu trois options : mettre @meta.ai en sourdine, masquer une réponse sur son propre post, ou cliquer sur "Pas intéressé" pour calmer l'algorithme.
Un pari osé vu les casseroles de Grok
Le problème, c'est que Grok a fait beaucoup parler de lui, et pas pour les bonnes raisons. Fausses informations relayées, discours haineux, voire générations d'images problématiques... xAI a fini par restreindre l'usage de l'outil aux abonnés payants pour limiter la casse. Meta promet des garde-fous plus stricts, mais quand on laisse une IA répondre publiquement à n'importe qui sur un réseau social, l'expérience montre que les dérapages arrivent vite. Pour Meta, c'est aussi un moyen de se relancer dans la course après le ratage du lancement de Llama 4 il y a quelques mois.
On en dit quoi ?
Threads continue tranquillement sa carrière de copie carbone de X, et cette fois la ressemblance est assez évidente. Mark Zuckerberg avait promis un réseau social plus sain, plus posé, et on se retrouve avec la même IA invocable au milieu des conversations que chez le voisin. Le résultat sera intéressant à observer dans quelques mois, parce qu'on connaît la suite : un utilisateur va poser une question piégeuse, l'IA va répondre n'importe quoi, et tout le monde va capturer l'écran.